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Aristote Onassis : sa fortune, ses pétroliers et ses héritiers

Aristote Onassis en costume croisé et lunettes noires, devant une voiture, en 1968
Décision charnièreRachat · 1932
Aristote Onassis, 1er novembre 1968.

En bref

Aristote Onassis (1906-1975) arrive à Buenos Aires en 1923 avec 250 dollars, gagne son premier million dans le tabac, puis bâtit l’une des plus grandes flottes privées du monde. Universalis évalue sa fortune à un milliard de dollars. Tout part d’un achat de crise : six cargos canadiens pour 120 000 dollars, environ 1 % de leur prix neuf.

16 dates · fais défiler

La vie de Aristote Onassis

1906Naissance
  1. 1906 Naissance

    Il naît à Smyrne

    En janvier 1906, dans l’Empire ottoman, de parents grecs. Le jour exact varie selon les sources.

  2. 1922 16 ans

    Smyrne brûle

    La famille fuit en Grèce, le père est emprisonné, l’entreprise familiale est perdue.

  3. 250 $
    1923 17 ans Pari

    Il part pour Buenos Aires

    Avec 250 dollars. Premier emploi : opérateur téléphonique.

    250 $

  4. 1 M$
    1931 25 ans

    Premier million

    Gagné avec l’importation de tabac d’Orient à Buenos Aires, selon Universalis.

  5. 1932 26 ans Rachat

    Il rachète six cargos canadiens

    Environ 1 % de leur prix neuf, à une compagnie en difficulté. Le début de sa flotte.

    120 000 $

  6. 15 000 t
    1938 32 ans Pari

    L’Ariston, premier pétrolier

    Construit à Göteborg. Le plus gros pétrolier du monde à son lancement.

  7. 1946 40 ans

    Il épouse Tina Livanos

    Le 28 décembre, à New York. Elle a 17 ans. Ils auront Alexandre et Christina.

  8. 1953 47 ans Rachat

    Le Tina Onassis et Monaco

    Un pétrolier de 46 000 tonnes sort de Hambourg. La même année, il prend le contrôle de la SBM.

  9. 7 M$
    1954 48 ans

    L’accord saoudien et l’amende

    10 % du pétrole saoudien lui sont promis, les majors le boycottent. Aux États-Unis, il plaide coupable.

    −7 M$

  10. 1956 50 ans Rachat

    Olympic Airways

    Contrat signé le 30 juillet avec l'État grec. La compagnie prend son nom en 1957.

  11. 1959 53 ans

    Maria Callas

    Rencontrée en 1957 à Venise. Leur liaison dure de 1959 à 1968. Tina divorce en 1960.

  12. 9,5 M$
    1967 61 ans Sortie

    Il quitte Monaco

    Dilué de 52 % à moins d’un tiers par le prince, il vend à l'État.

    +9,5 M$

  13. 1968 62 ans

    Il épouse Jacqueline Kennedy

    Le 20 octobre, sur son île de Skorpios.

  14. 1973 67 ans

    Son fils Alexandre meurt

    Le 22 janvier, dans un accident d’hydravion à Athènes. Il a 24 ans.

  15. 45 %
    1975 69 ans

    Il meurt à Neuilly

    Le 15 mars. 45 % de sa succession vont à une fondation, le reste à Christina.

  16. 250 M$
    1988 13 ans après

    Christina meurt à 37 ans

    En Argentine. Sa fortune, estimée à 250 millions, passe à sa fille Athina.

1906 · Smyrne1975 · mort à Neuilly

1906-1931 · L’origine

D’où venait la fortune d’Aristote Onassis

La fortune d’Aristote Onassis commence à Buenos Aires, dans l’importation de tabac, après la ruine de sa famille à Smyrne. Il a 17 ans et 250 dollars quand il débarque en Argentine en 1923.[1]

Smyrne, 1922 : tout perdre à 16 ans

Il naît en janvier 1906 à Smyrne, dans l’Empire ottoman, de parents grecs. Le jour exact varie : le 20 janvier selon Wikipédia en anglais, le 15 selon Wikipédia en français, qui signale aussi les années 1903 et 1900 dans d’autres documents.[1][2] Son père fait commerce du tabac.[3]

En septembre 1922, Smyrne brûle. La famille fuit en Grèce, le père est emprisonné, et l’entreprise familiale passe sous propriété turque.[1]

Buenos Aires : 250 dollars et un standard téléphonique

En août 1923, il arrive à Buenos Aires avec 250 dollars. Premier emploi : opérateur téléphonique. Il lance ensuite une affaire d’importation de tabac d’Orient, puis une fabrique de cigarettes.[1][3] Il obtient la nationalité argentine en 1929 et devient consul de Grèce. Son premier million de dollars arrive en 1931 selon Universalis, « en moins de cinq ans » selon Wikipédia en français.[2][3]

1932 · La décision

La décision : six cargos achetés en pleine crise

L’empire maritime d’Onassis part de six cargos canadiens achetés pour 120 000 dollars pendant la Grande Dépression. Ces navires avaient coûté environ deux millions de dollars pièce dix ans plus tôt : il les paie à peu près 1 % de leur prix neuf.[3][4]

  • 1923Il arrive à Buenos Aires avec 250 dollars.
  • 1931Premier million de dollars, gagné dans le tabac.
  • 1932Six cargos canadiens pour 120 000 dollars, soit 20 000 dollars pièce.
  • 1938Lancement de l’Ariston, pétrolier de 15 000 tonnes.
  • 1953Le Tina Onassis, 46 000 tonnes, sort du chantier de Hambourg.
  • 1975À sa mort : 56 navires, dont 45 pétroliers, selon Universalis.

Un vendeur pressé

Le vendeur est la Canadian National Steamship Company, en grande difficulté à cause de la crise. Onassis rebaptise les deux premiers navires du nom de ses parents : Onassis Socrates et Onassis Penelope.[4]

Les sources ne s’accordent pas sur tout. Universalis, Encyclopedia.com et la Britannica parlent de six cargos ; le Greek Shipping Hall of Fame en compte quatre. L’année varie entre 1931 et 1932.[2][3][4][5][6] Le prix total, lui, concorde : 120 000 dollars.

Qu’aurais-tu fait ? · 1932

Tu as 26 ans et ton premier million, gagné dans le tabac à Buenos Aires. C’est la Grande Dépression. Une compagnie canadienne en difficulté vend des cargos qui avaient coûté environ deux millions de dollars pièce dix ans plus tôt.

Ton choix

Ce qu’il a fait. Onassis achète six cargos pour 120 000 dollars, soit 20 000 dollars pièce. Six ans plus tard, il lance son premier pétrolier, l’Ariston. À sa mort, il possède 56 navires selon Universalis, dont 45 pétroliers.

Aucune option n'était la bonne d’office : le tabac protégeait le capital, attendre la reprise coûtait plus cher mais exposait moins, acheter pariait sur un retour du commerce que personne ne pouvait dater.

Voir ce qu’il a fait

Onassis achète six cargos pour 120 000 dollars, soit 20 000 dollars pièce. Six ans plus tard, il lance son premier pétrolier, l’Ariston. À sa mort, il possède 56 navires selon Universalis, dont 45 pétroliers.

Le calcul derrière le 1 %

Six navires à deux millions pièce, c’est 12 millions de prix neuf. Payés 120 000 dollars, cela fait environ 1 %, en dollars de l’époque et à dix ans d’écart.[3] L’argent vient du tabac : il achète avec ce qu’il a déjà gagné.

1938-1956 · Les pétroliers

Les pétroliers : de l’Ariston aux supertankers

Après les cargos, Onassis mise sur le pétrolier, et c’est là que sa flotte grossit. En 1938, il lance l’Ariston, 15 000 tonnes, construit au chantier Götaverken de Göteborg : le plus gros pétrolier du monde à l’époque, et le premier pétrolier grec.[4][5]

La guerre, puis les navires de surplus

En 1940, il s’installe aux États-Unis. Il loue ses navires aux Alliés, et certains sont perdus en mer.[4] Après la guerre, les États-Unis vendent leurs navires de surplus aux armateurs grecs, mais il en est exclu. Il passe alors par des sociétés américaines dirigées par des Américains.[5] Il est poursuivi, plaide coupable et paie 7 millions de dollars.[1]

1953 et 1954 : les géants et l’accord saoudien

Pour grossir, il emprunte 100 millions de dollars et commande 12 pétroliers aux Howaldtswerke de Kiel et Hambourg, et 6 à Brême. En 1953, Hambourg livre le Tina Onassis, 46 000 tonnes.[5]

En janvier 1954, il signe avec l’Arabie saoudite un accord qui lui garantit 10 % des exportations pétrolières du royaume. Les grandes compagnies pétrolières répliquent en boycottant ses pétroliers, et Washington agit pour rendre l’accord inopérant.[1][5]

Suez, 1956

Quand le canal de Suez ferme, ses pétroliers passent par le cap de Bonne-Espérance.[6] Encyclopedia.com rapporte qu’il aurait gagné un million de dollars de plus par jour pendant la crise.[4] Sa flotte atteint 67 navires au sommet selon le Greek Shipping Hall of Fame, plus de 70 selon Wikipédia en anglais.[1][5]

Bilan chiffré

Le bilan de ses paris, chiffre par chiffre

Mis côte à côte, ses paris montrent un armateur qui gagne en mer et bute chaque fois qu’un État tient la règle.

Ce qui a rapporté
PariMiseSortie
Les cargos canadiens, 1932120 000 dollars pour six naviresle début d’une flotte de 67 navires au sommet (Greek Shipping Hall of Fame), plus de 70 selon Wikipédia EN
La chasse à la baleine, 1950 à 1956non documentée4,5 millions de bénéfice net la première campagne, activité revendue 8,5 millions
Les pétroliers pendant la crise de Suez, 1956une flotte déjà en merun million de dollars de plus par jour, selon un chiffre rapporté par Encyclopedia.com
La SBM de Monaco, 1953 à 1967non documentée9,5 millions à la vente forcée de 1967
Ce qui a coûté
PariCoûtRésultat
Navires de surplus américains7 millions de dollarsun plaider-coupable aux États-Unis
Accord saoudien, 1954non chiffréle boycott de ses pétroliers par les grandes compagnies
Olympic Airways, 1956 à 1974des années de pertes, non chiffréesrendue à l'État, sa fortune personnelle protégée par contrat
Projet Omega, 1968400 millions de dollars annoncésun programme d’investissement en Grèce qui échoue en grande partie

Qualité ou chance

Bien joué ou bien tombé : ses décisions jugées une par une

Une bonne décision peut mal finir, et une mauvaise peut rapporter gros. La joueuse de poker Annie Duke appelle « resulting » le réflexe de juger un choix à son seul résultat.[12] Ici, chaque décision d’Onassis reçoit deux notes séparées : la qualité du choix, avec ce qu’il savait à l’époque, et la part de chance. Le résultat vient après.

Axe vertical : la qualité du choix, avec ce qu’il savait à l’époque. Axe horizontal : le résultat. En pointillé, une décision subie plutôt que choisie.
  1. 1923 Pari Partir pour Buenos Aires avec 250 dollars 250 $

    Bien joué, bien payé

    Qualité du choix
    Bien jouée
    Part de chance
    Moyenne
    Résultat
    Gagné

    Sa famille vient d'être ruinée à Smyrne : il a peu à perdre, et il parle quatre langues. Le premier million arrive en moins de cinq ans.

  2. 1932 Rachat Six cargos canadiens en pleine crise 120 000 $

    Bien joué, bien payé

    Qualité du choix
    Bien jouée
    Part de chance
    Moyenne
    Résultat
    Gagné

    Environ 1 % du prix neuf, un vendeur en difficulté, et un achat payé avec l’argent du tabac déjà gagné. La reprise du commerce maritime, elle, ne dépendait pas de lui.

  3. 1938 Pari L’Ariston, pétrolier de 15 000 tonnes n.c.

    Bien joué, bien payé

    Qualité du choix
    Bien jouée
    Part de chance
    Moyenne
    Résultat
    Gagné

    Il passe du cargo au pétrolier avec le plus gros navire du genre. À sa mort, 45 de ses 56 navires sont des pétroliers selon Universalis.

  4. 1946 Rachat Navires de surplus américains via des sociétés américaines n.c.

    Mal joué, résultat mitigé

    Qualité du choix
    Mal jouée
    Part de chance
    Moyenne
    Résultat
    Mitigé

    Exclu des ventes de navires de guerre, il contourne la règle de nationalité par des sociétés dirigées par des Américains. Il plaide coupable et paie 7 millions.

  5. 1953 Rachat Prise de contrôle de la SBM à Monaco n.c.

    Discutable, résultat mitigé

    Qualité du choix
    Discutable
    Part de chance
    Moyenne
    Résultat
    Mitigé

    Il prend la majorité d’une société clé d’un État dont le prince peut bloquer ses projets, ce qu’il fait avec son veto au projet hôtelier.

  6. 1954 Pari Accord saoudien : 10 % des exportations garanties n.c.

    Discutable, mal payé

    Qualité du choix
    Discutable
    Part de chance
    Faible
    Résultat
    Perdu

    Un contrat énorme sur le papier, signé contre les grandes compagnies pétrolières, qui sont aussi ses clients. Elles boycottent ses pétroliers.

  7. 1956 Rachat Olympic Airways n.c.

    Discutable, résultat mitigé

    Qualité du choix
    Discutable
    Part de chance
    Moyenne
    Résultat
    Mitigé

    Déficitaire pendant des années, mais l’accord avec l'État protège sa fortune personnelle des pertes. 2,5 millions de passagers en 1974, puis la compagnie revient à l'État.

  8. 1967 Sortie Vente de ses actions de la SBM à l'État 9,5 M$

    Subie, résultat mitigé

    Qualité du choix
    Subie
    Part de chance
    Faible
    Résultat
    Mitigé

    Il ne la choisit pas : le prince le dilue de 52 % à moins d’un tiers, et la Cour suprême lui donne tort. Le prix d’achat n’est pas connu, la plus-value non plus.

Notes éditoriales, posées sur les faits sourcés du portrait. Comment on note

Pour toi, selon ton stade

La même décision, à ton échelle

Tu démarres

Tu n’as pas besoin de beaucoup d’argent pour acheter bien, tu as besoin d’un vendeur pressé. Onassis a payé ses cargos environ 1 % de leur prix neuf parce que la compagnie qui les vendait était en difficulté. Cherche le matériel, le stock ou le site que quelqu’un doit liquider, et paie-le avec ce que tu as déjà gagné.

Le parcours « Démarrer » →

Tu grandis

Ton plus gros contrat peut venir d’un partenaire qui a le pouvoir de le casser. L’accord saoudien d’Onassis promettait 10 % du pétrole d’un royaume, et les grandes compagnies, ses propres clients, l’ont boycotté. Avant de signer, liste qui perd à ton contrat et ce qu’il peut faire contre toi.

Le parcours « Grandir » →

Tu vends

Si quelqu’un d’autre écrit les règles, il peut aussi fixer ta sortie. À Monaco, Onassis passe de 52 % à moins d’un tiers par une décision du prince, et vend à l'État. Avant d’investir dans un terrain où tu n’as pas la main, demande-toi qui pourra un jour décider de ton prix de sortie.

Le parcours « Vendre » →

1950-1974 · Hors de la mer

Baleines, Monaco, Olympic : ses paris hors du pétrole

Hors du pétrole, le seul gain net documenté d’Onassis vient de la chasse à la baleine ; à Monaco et dans l’aérien, le bilan est inconnu ou déficitaire.

La chasse à la baleine

De 1950 à 1956, sa flotte baleinière travaille au large de l’Amérique du Sud. La première campagne rapporte 4,5 millions de dollars de bénéfice net. En 1954, le Pérou saisit l’essentiel de la flotte. L’activité est revendue 8,5 millions à la société japonaise Kyokuyo Hogei Kaisha.[1]

Monaco : 52 %, puis moins d’un tiers

En 1953, il prend le contrôle de la Société des bains de mer, qui exploite les casinos et les hôtels de Monte-Carlo ; Universalis date l’opération de 1956.[3][4][7] Il veut une clientèle exclusive, le prince Rainier III veut plus d’hôtels et de touristes. Rainier met son veto à son projet hôtelier.[7]

En juin 1966, le prince crée 600 000 actions nouvelles réservées à l’État. La part d’Onassis tombe de 52 % à moins d’un tiers. La Cour suprême de Monaco lui donne tort en mars 1967. Il vend ses actions à l’État pour 9,5 millions de dollars et quitte le pays.[7] Son prix d’achat n’est pas documenté : impossible de dire ce qu’il a gagné.

Olympic Airways

Le 30 juillet 1956, il signe avec l’État grec la reprise de la compagnie nationale, qui devient Olympic Airways en 1957.[1][8] La compagnie perd de l’argent pendant des années, mais son accord avec l’État protège sa fortune personnelle.[4] En 1974, elle transporte 2,5 millions de passagers avec 7 356 salariés. Son contrat prend fin le 10 décembre 1974 ; Universalis parle d’une nationalisation en janvier 1975.[1][3]

1946-1975 · Vie privée

Ses femmes : Tina Livanos, Maria Callas, Jacqueline Kennedy

Aristote Onassis s’est marié deux fois, avec Tina Livanos puis avec Jacqueline Kennedy, et a vécu une longue liaison avec Maria Callas.

Portrait d’Aristote Onassis jeune, en costume, en 1932.
Aristote Onassis en 1932, l’année de ses premiers cargos.
  • Tina Livanos : mariage le 28 décembre 1946 à New York. Elle a 17 ans, lui 40. Ils ont deux enfants, Alexandre (1948) et Christina (1950). Elle demande le divorce en découvrant sa liaison avec Callas ; il est prononcé en juin 1960.[1][11]
  • Maria Callas : il la rencontre en 1957 à Venise. Leur liaison dure de 1959 à 1968. Callas meurt à Paris le 16 septembre 1977.[1][11] Tina, elle, épouse l’armateur Stavros Niarchos en octobre 1971.[1]
  • Jacqueline Kennedy : mariage le 20 octobre 1968 sur l’île de Skorpios. Selon Wikipédia en anglais, elle reçoit 3 millions de dollars, plus un million pour chacun de ses deux enfants.[1]

1963-1975 · La fin

Skorpios, la mort d’Alexandre et sa fin

Aristote Onassis est mort le 15 mars 1975, à 69 ans, à l’Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, deux ans après la mort de son fils Alexandre.[1]

Skorpios est une île grecque de 83,2 hectares, achetée en 1963 selon Wikipédia en anglais, à l’automne 1964 selon Wikipédia en français.[2][10] Son yacht, le Christina O, mesure 325 pieds.[1]

Les dernières années d’affaires

En octobre 1968, il annonce le « Projet Omega », un programme d’investissement de 400 millions de dollars en Grèce, qui échoue en grande partie. En 1970, l’Arrow, un de ses pétroliers sous pavillon libérien, s’échoue et déverse son pétrole dans la baie de Chedabucto, en Nouvelle-Écosse. À New York, il finance l’Olympic Tower, une tour de 52 étages. Wikipédia en anglais rapporte qu’il aurait contrôlé 95 sociétés et détenu des dépôts dans 217 banques.[1]

1973, l’année qui casse tout

Le 22 janvier 1973, Alexandre meurt dans un accident d’hydravion à Athènes. Il a 24 ans.[2][9] La même année, le premier choc pétrolier frappe sa compagnie maritime et Olympic.[2]

Il souffre de myasthénie. Wikipédia en anglais retient comme cause de sa mort une pneumonie après une opération de la vésicule biliaire, aggravée par la cortisone prise contre cette maladie.[1] Il est enterré à Skorpios, près de son fils.

1975-2013 · L’héritage

Ses héritiers : la fondation, Christina et Athina

L’héritage d’Aristote Onassis a été partagé entre une fondation, qui reçoit 45 % de sa succession, et sa fille Christina, qui reçoit le reste.[1]

La Fondation Alexander S. Onassis porte le nom de son fils et finance la recherche, les sciences et l’éducation.[2] Jacqueline Kennedy reçoit environ 10 millions de dollars selon une estimation, 26 millions selon d’autres ; Christina lui verse 25 millions pour qu’elle renonce à contester le testament.[1][9]

Christina se marie quatre fois. Sa fille Athina naît en 1985. Christina meurt le 19 novembre 1988 en Argentine, à 37 ans ; l’autopsie conclut à une crise cardiaque due à un œdème pulmonaire. Sa fortune, estimée à 250 millions de dollars, passe à Athina.[9] En 2003, à 18 ans, Athina hérite d’une fortune estimée à 2,7 milliards de dollars selon Encyclopedia.com.[4] En avril 2013, elle vend un groupe de sociétés qui comprend un bail de longue durée sur Skorpios, pour 153 millions de dollars.[10]

Pour toi

Ce que tu peux en retirer

  1. Achète quand le vendeur est forcé de vendre. Six cargos à environ 1 % de leur prix neuf, à une compagnie que la crise mettait en difficulté. Le meilleur prix se trouve chez celui qui n’a plus le choix.
  2. Garde une source de cash pour tenir. L’achat de 1932 a été payé avec l’argent du tabac. Une bonne affaire qui t’oblige à vendre trop tôt n’en est plus une. Comme en musculation : la régularité paie, à condition de tenir assez longtemps pour la voir payer.
  3. Ce qu’un État t’accorde, il peut te le reprendre. Monaco le dilue de 52 % à moins d’un tiers, l’accord saoudien est rendu inopérant, les États-Unis lui font payer 7 millions. Plus ton business dépend d’une autorisation, plus il est fragile.

FAQ

Questions fréquentes sur Aristote Onassis

Quelle était la fortune d’Aristote Onassis ?

L’encyclopédie Universalis l'évalue à un milliard de dollars. D’autres sources donnent moins : la page Wikipédia en anglais consacrée à sa fille Christina évoque 500 millions. Aucun chiffre ne fait consensus.

Comment Aristote Onassis a-t-il fait fortune ?

D’abord dans l’importation de tabac à Buenos Aires, puis dans le transport maritime : six cargos achetés 120 000 dollars au début des années 1930, puis des pétroliers de plus en plus gros à partir de 1938.

Qui a hérité de la fortune d’Onassis ?

45 % de sa succession sont allés à la Fondation Alexander S. Onassis, le reste à sa fille Christina. À la mort de Christina en 1988, sa fortune, estimée à 250 millions de dollars, est passée à sa fille Athina.

Aristote Onassis et Maria Callas ont-ils été en couple ?

Oui. Ils se rencontrent en 1957 à Venise, et leur liaison dure de 1959 à 1968. Sa femme Tina Livanos demande le divorce en le découvrant, prononcé en 1960.

Quand Aristote Onassis a-t-il épousé Jacqueline Kennedy ?

Le 20 octobre 1968, sur son île grecque de Skorpios. Ils restent mariés jusqu'à sa mort en 1975.

De quoi est mort Aristote Onassis ?

Il est mort le 15 mars 1975 à l’Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, d’une pneumonie après une opération de la vésicule biliaire, aggravée par la cortisone qu’il prenait contre sa myasthénie.

Pour aller plus loin

Les livres sur Aristote Onassis

Ari: The Life and Times of Aristotle Socrates Onassis

Peter Evans · Summit Books, 1986 · en anglais

Un journaliste britannique raconte surtout ses affaires et ses démêlés judiciaires.

Preuves

Sources

  1. Wikipédia (anglais), « Aristotle Onassis », consulté le 17/10/2026 : https://en.wikipedia.org/wiki/Aristotle_Onassis
  2. Wikipédia (français), « Aristote Onassis », consulté le 17/10/2026 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Aristote_Onassis
  3. Raymond Morineau, « Onassis Aristote (1906-1975) », Encyclopædia Universalis, consulté le 17/10/2026 : https://www.universalis.fr/encyclopedie/aristote-onassis/
  4. Encyclopedia.com, « Onassis, Aristotle », consulté le 17/10/2026 : https://www.encyclopedia.com/history/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/onassis-aristotle
  5. Greek Shipping Hall of Fame, « Aristotle Onassis », consulté le 17/10/2026 : https://greekshippinghalloffame.org/?p=1655
  6. Encyclopædia Britannica, « Aristotle Onassis », texte repris par la Company of Master Mariners of Australia, consulté le 17/10/2026 : https://www.mastermariners.org.au/stories-from-the-past/3032-aristotle-socrates-onassis
  7. Wikipédia (anglais), « Société des Bains de Mer de Monaco », consulté le 17/10/2026 : https://en.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_des_Bains_de_Mer_de_Monaco
  8. Wikipédia (anglais), « Olympic Airlines », consulté le 17/10/2026 : https://en.wikipedia.org/wiki/Olympic_Airlines
  9. Wikipédia (anglais), « Christina Onassis », consulté le 17/10/2026 : https://en.wikipedia.org/wiki/Christina_Onassis
  10. Wikipédia (anglais), « Skorpios », consulté le 17/10/2026 : https://en.wikipedia.org/wiki/Skorpios
  11. Wikipédia (anglais), « Maria Callas », consulté le 17/10/2026 : https://en.wikipedia.org/wiki/Maria_Callas
  12. Annie Duke, « Thinking in Bets », Portfolio, 2018

Photos : archives du domaine public, Wikimedia Commons.

Thibaut, auteur de Billionaire Chronicles

Thibaut

Auteur de Billionaire Chronicles · mis à jour le 17/10/2026

Ce que je retiens d’Onassis : un prix bas ne sert qu'à celui qui peut attendre. Avant de saisir une bonne affaire, je me demande combien de temps je peux la porter.

Thibaut écrit Billionaire Chronicles. Consultant SEO indépendant, il est passé par l’e-commerce, l’affiliation, le SaaS et l’infoproduit. Il lit les grandes fortunes comme des bilans : où va l’argent, et pourquoi. À propos

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